L'édito du mois

Plaidoyer pour les tours capitulaires

Il suffit de consulter n’importe quel document de présentation de Toulouse pour remarquer l’importance accordée à une caractéristique patrimoniale de notre ville : les tours capitulaires.

Mettre l’accent sur cette particularité nous intéresse d’autant plus que notre hôtel en compte deux. Ce dont nous en sommes fiers !
Nous pensions, comme beaucoup, que ces aménagements, particulièrement importants dans l’ancien quartier marchand de Toulouse, marquaient l’accession des propriétaires de l’hôtel au capitoulat. Deux d’entre eux ont occupé la charge de capitoul au tout début du XVIIe siècle.
L’érection des tours serait un privilège des capitouls, d’où le qualificatif de capitulaire qu’on leur accorde.

Certains dénoncent cette interprétation qui ne répondrait pas à la vérité historique mais s’inscrirait davantage dans la logique de la « geste » toulousaine que l’imagination fertile de nos prédécesseurs a patiemment tissée (l’or de Toulouse, Clémence Isaure, etc…).  

L’importance du sujet méritait que l’on se penche sur la question. Sur les textes concernant le capitoulat, il faut se rendre à l’évidence, l’érection d’une tour ne fait pas partie des privilèges accordés aux capitouls. Les historiens ont donc raison sur ce point.
En revanche, à  Toulouse, à l’époque de l’âge d’or, les gens de finance et les marchands enrichis n’hésitaient pas à donner des signes de leur puissance en ornant leurs demeures de petites tours « Il faut à chacun sa tourelle et son pignon, de formes presque semblables, sur la cour, ou mieux encore sur la rue….ce sont des bourgeois, presque tous passés par le capitoulat »
Ceci n’amènerait-il pas à considérer que c’est la tour qui a fait le capitoul en non l’inverse. Cette « alliance de la tour et du pouvoir » est une constante dans l’histoire des tours. Elle demeure d’actualité aujourd’hui.
À Toulouse, dans la période qui nous occupe, le lien entre la tour signe extérieur de richesse et l’accession (ou non) au capitoulat est indéniable. Il est si ténu qu’il milite pour que nous continuions d’affecter à nos tours le qualificatif de capitulaire. Cet adjectif  traduit à la fois le signe du pouvoir économique et celui, éventuellement acquis, du pouvoir politique. Les deux sont intimement liés. Ils témoignent de l’installation dans la ville d’un système de gouvernance pragmatique.

Longue vie à nos tours capitulaires. Protégeons les, elles ont encore beaucoup à nous raconter sur l’histoire de notre belle cité !


Aline Tomasin

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L'AUTA février

PROCHAINES VISITE ET CONFÉRENCE

  • jeudi 8 février : visite de Notre-Dame-du-Taur
  • Lundi 12 février : conférence : Le dominicain Vincent Ferrier

SOMMAIRE

  • Plaidoyer pour les tours capitulaires - A. Tomasin
  • un petit carnet de bal, objet de mémoire - M.-G. Beaux-Laffon
  • Un exemple d'architecture toulousaine - S. Vinel
  • Ariens et Nicéens à Tolosa - J. Cassaigneau
  • Les débuts de l'anesthésie à Toulouse - J. Frexinos
  • La chanson du Saule - L. Remplon
  • Toulouse... Hier... Saint-Sernin - J.-P. Suzzoni
  • Note de lecture - L. Rozès