L'édito du mois

Les petits cailloux blancs…

Qui ne connaît pas l’histoire du petit poucet ? De ce conte de Charles Perrault doté d’une symbolique forte, nous retiendrons l’épisode qui relate comment, perdu dans la forêt avec ses six frères, le Petit Poucet leur fit retrouver le chemin de la maison grâce aux petits cailloux blancs qu’il avait semés sur le chemin.
Ce conte a une valeur de parabole. Il met l’accent sur l’utilité des repères, indispensables à chacun d’entre nous pour se situer dans l’espace et dans le temps.

Les repères fondent l’identité de notre lieu de vie. Ils sont communs à tous les territoires. Ce sont les évènements historiques, les monuments, les témoignages de la vie culturelle, des traditions populaires, des techniques et les savoir-faire… A Toulouse la mise au jour de ces repères est le fruit du travail conjoint des historiens et des chercheurs.
Leur travail a généré un gisement très riche de ces « petits cailloux blancs » que notre association affectionne et qu’elle se donne pour mission d’enrichir grâce au travail des contributeurs de L’AUTA.
Ainsi se dessine le parcours historique de la ville tour à tour territoire d’échange, de résistance, de repli sur soi et aujourd’hui pôle d’innovation et d’excellence.

Ce gisement de repères est précieux mais fragile ! Le sort du patrimoine bâti en témoigne. A Toulouse, dans le passé, plusieurs monuments ont suivi le sort des miettes de pain que le petit poucet avait imprudemment semées sur son deuxième parcours. Ils ont disparu ou sont à l’état de vestiges illisibles pour le profane.
Cette « perte en ligne », qui ne doit rien aux destructions révolutionnaires, n’est pas propre à notre ville et ne connaît pas de frontières. Mais, heureusement, il arrive que les démolisseurs laissent des reliefs qui sont autant de morceaux de choix pour les archéologues. Leur travail et les publications qui le suivent deviennent alors des repères précieux qui permettront une évocation du monument disparu, virtuelle certes, mais scientifiquement fondée.

Moins visibles que la perte des monuments mais plus insidieux, sont les dangers qui pèsent sur les repères des usages et des traditions. Car, si l’on ne prend pas la peine de collecter la mémoire des derniers acteurs ou témoins directs, celle si sera perdue et, cette fois ci, sans restes…

Aujourd’hui plus que jamais nous avons besoin de nous situer par rapport au monde qui nous entoure. Les petits cailloux blancs peuvent nous y aider. Sauvegardons ceux qui existent et semons ceux de demain !

Aline Tomasin


L'Auta sur Gallica

L'Auta a été numérisé par la BNF. Les numéro sont consultables à l'adresse :

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L'AUTA décembre

PROCHAINES VISITE ET CONFÉRENCE

  • vendredi 8 décembre : visite de l'Hôtel de Police
  • jeudi 14 décembre : visite du 80e Salon des Méridionaux
  • Lundi 11 décembre : conférence : Toulouse et la Garonne

SOMMAIRE

  • Les petits cailloux blancs - A. Tomasin
  • Un étudiant perpignanais à Toulouse au début du XVIIIe siècle, Raymond Rovira - J.-P. Daraux
  • Mémoires des Compagnons de la Libérations à Toulouse - P. Mailhos
  • Adam Smith, l'Hôtel Dumay et le cinéma - Y. Le Pestipon
  • Généalogie d'un fondeur toulousain au XIXe siècle : Louison - B. Ollié-Guiraud
  • Les fouilles archéologiques de l'hôtel Saint-Jean de Jérusalem à Toulouse - O. Gaiffe
  • Latécoère et la "Ligne" - L. Remplon
  • Toulouse... Hier... l'ile du Ramier - J.-P. Suzzoni
  • Note de lecture - J. Frexinos
  • La mode éphémère de la faluche - J. Frexinos
  • Tables des matières - Année 2017