L'édito du mois

Août-septembre 2017
La querelle des anciens et des modernes

La querelle des anciens et des modernes particulièrement active en France pendant la période classique n’a cessé depuis d’occuper les beaux esprits littéraires. Le débat va s’incarner, à partir d’une fable d’Ésope, autour de deux insectes symboliques ; l’abeille et l’araignée.

L’abeille est une bienfaitrice qui bénéficie d’un capital de sympathie évident. Elle assure la continuité en mettant en œuvre des protocoles acquis qui se réfèrent au passé. Elle sera, pour ces raisons, choisie comme référence par les « anciens » respectueux et gardiens des traditions. L’araignée, de son côté, est une prédatrice solitaire qui tisse sa toile où bon lui semble sans avoir besoin d’autre chose que sa propre substance. Ces caractéristiques la feront classer dans les créatifs et elle sera placée dans le camp des « modernes ».

Le débat entre tradition et modernité a été récemment remis à l’ordre du jour par Marc Fumaroli([i]) dans un essai qui étend la querelle aux enjeux de l’art en général. Il y montre à la fois son actualité et sa relativité dans un monde qui témoigne d’une « euphorie de progrès » souvent préjudiciable au maintien des repères et des valeurs de notre société.

C’est bien cela que mettent en avant les articles de ce numéro à partir des différents sujets abordés. L’évocation talentueuse de notre patrimoine culturel intervient tout d’abord au travers de deux articles : l’un consacré à la place de la Trinité le deuxième aux cinémas. Ils nous apportent des repères riches et évocateurs d’un univers intellectuel familier qui a façonné nos repères. Cela est fait sans fausse nostalgie et sans éluder, s’agissant du patrimoine bâti, la question de l’évolution de la ville et des transgressions qui les accompagnent parfois. L’article intitulé  « Quand Toulouse se joue des tours » répond à  « l’euphorie de progrès » dénoncée par Marc Fumaroli. L’auteur y décrit avec distance et humour les soubresauts de l’évolution de notre ville partagée entre le camp des anciens et celui de modernes (dont les architectes font partie…).

L’histoire de notre ville ne pourrait se passer des personnalités qui ont « fait » Toulouse ou l’ont mise à l’honneur dans leur parcours de vie ou ont porté sur la ville le regard du visiteur. Présentes dans cette revue au titre du monde des arts des sciences ou de la politique, chacune est un maillon indispensable de notre mémoire collective et de la richesse de notre patrimoine culturel.

Ces sujets « mémoriaux » nécessaires à la construction de notre identité relèvent ils du monde des anciens ou de celui des modernes ou aux deux à la fois ?

Existe-t-il, pour trancher ce débat un compromis acceptable ?

Aline Tomasin

 

 


[i] Historien, essayiste et académicien français auteur d’un essai intitulé « les abeilles et les araignées »en préface à l’ouvrage collectif : La querelle des anciens et des modernes Gallimard 2001  ISBN : 9782070387526

L'Auta sur Gallica

L'Auta a été numérisé par la BNF. Les numéro sont consultables à l'adresse :

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L'AUTA octobre

PROCHAINES VISITE ET CONFÉRENCE

  • Jeudi 12 octobre : Visite de l'ICT
  • Lundi 23 octobre : conférence : Les Toulousains et les animaux à l'époque moderne

SOMMAIRE

  • Entre mémoire et histoire - A. Tomasin
  • Connaissez-vous l'histoire de Toulouse ? - J. Frexinos
  • La Belle Paule Légendes et histoire - L. Remplon
  • Un sénéchal toulousain devant les juges au début des guerres de Religions : l'affaire Bernard de Vabres - J.-P. Souriac
  • Marc Bernet chrysanthémiste - R. Audinos
  • Autour de la sépulture de Pierre de Fermat - J.-L. Laffont
  • Note sur une médaille anglaise commémorant la Bataille de Toulouse - J.-P. Daraux
  • Josselin Grivèl et l'hôtel Dumay - J.-P. Suzzoni
  • Toulouse... Hier... Carlos Gardel - J.-P. Suzzoni
  • commentaires de couverture - J. Kerambloch