Humeurs...

10.07.13

Manger pour vivre ?

Il ne faut jamais désespérer de l’Homme… il possède des ressources insoupçonnées d’intelligence, d’inventivité, de courage mais aussi, hélas ! de cruauté et de sottise.
J’avais, récemment, brocardé ces « chercheurs » qui, ayant déterminé une nocivité des feux de cheminée pour l’environnement, proposaient leur interdiction. J’estimai qu’ils méritaient une distinction : par exemple la palme de l’idiotie !
Je me suis trompé… Dame Télévision qui, tous les jours, nous dispense avec application les trésors d’imbécillité, vient de nous montrer un Savant (n’oublions pas la majuscule !) qui a bien voulu dessiner pour nous l’avenir alimentaire de l’Humanité.
On sait que le nombre des humains croît sur notre planète plus rapidement que la quantité de ressources alimentaires dont ils pourront disposer. L’avenir apparaît d’autant plus sombre que les améliorations de rendement des récoltes sont toutes entravées par des considérations inspirées du trop fameux principe de précaution… Or, dans le Sud-Est asiatique, on goûte fort les insectes : sauterelles, criquets, hannetons, voire chenilles. Au point que, pour satisfaire la demande, des élevages de ces petites bêtes ont été créés et prospèrent allégrement. Notre chercheur, qui exerce, si j’ai bien compris, une fonction éminente au sein de la toute puissante organisation qui, à l’O.N.U., lutte (avec les succès que l’on voit) contre la faim dans le monde, est venu doctement nous annoncer que le salut était dans la consommation de ces insectes. Il a asséné trois arguments péremptoires :
- leur « coût de production » est réduit
- ces petits animaux sont riches en éléments nutritifs
- c’est l’assurance d’une hausse du niveau de vie des populations productrices qui sont, pour le moment, déshéritées ;

« Voilà des raisons tout à fait convaincantes ; il faut se rendre à cela ! » comme le disait le regretté Molière…

Bon appétit !

Lucien Remplon

15.12.12
Les historiens ont proposé différents vocables pour distinguer les rapports entre les puissants et les peuples. Ainsi a-t-on imposé les termes de féodalité, monarchie, despotisme éclairé, démocratie, dictature… j’en passe … et des plus somptueux !
Nous vivons, maintenant, sous un régime qui pourrait avoir pour nom la technocratie péremptoire. De nouveaux puissants sont au pouvoir : les technocrates qui ont été soigneusement formatés dans un système éducatif dont le niveau de performance doit être salué. Parodiant (à peine…)  Michel Audiard, on pourrait leur appliquer le propos célèbre : « Les technocrates, ça ose tout… c’est même à ça qu’on les reconnaît ! »
Leur dernière trouvaille en date est une sorte de chef d’œuvre…
Toujours désireux (l’air du temps l’exige…) de réduire ces fameuses émissions de gaz et de particules nocives qui conditionnent (paraît-il.. ) les dégradations du climat et empoisonnent l’humanité, ils mènent, à grands coups de calculs, une croisade obstinée.
Ils n’ont pas réussi à contraindre les grands maîtres de l’industrie mondiale, malgré plusieurs réunions à vocation essentiellement touristiques en plusieurs lieux de la planète. Ils ont bien mis en accusation les ruminants dont les pets sont (s’il faut en croire les mesures !) générateurs d’une quantité phénoménale de gaz carbonique. Mais, sur ce point encore, leurs efforts se sont révélés vains car la rééducation de nos vaches reste à organiser.
Alors, nos chercheurs ont trouvé d’autres coupables…
« Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout le mal » c’est l’homme qui a pris, ou retrouvé la très regrettable habitude d’utiliser les cheminées de son habitation (quand il a le privilège de posséder cette survivance de l’ancien temps) pour y faire des feux de bois. Pourquoi faire ? Mais pour se chauffer !
Idée détestable ! nous démontrent nos modernes savants. Mesures et calculs à l’appui, ils n’ont aucune peine à établir que ces « feux à foyer ouvert », comme ils les appellent, rejettent dans l’atmosphère des particules (de je ne sais quoi… ) nocives pour l’environnement, la santé, l’économie et, finalement, l’avenir de la planète ! Ils sont allés jusqu’à calculer que ces rejets étaient équivalents à ceux produits par des centaines de véhicules automobiles.
La solution apparaît évidente : on doit interdire une telle pratique. « Streng verboten !! »
Ces feux qui étaient autrefois la nécessité et la joie de tous les foyers français, ces feux qui font partie  de notre patrimoine seraient désormais interdits !
Vous me direz qu’il serait impossible de faire respecter une telle défense et vous ajouterez que ce sera tant mieux mais, voyez-vous, les technocrates auront tout lieu d’être satisfaits : ils auront élaboré une nouvelle règle restrictive de liberté, une « norme » comme ils disent, qui s’ajoutera à quelques milliers d’autres, tout aussi inutiles !

Lucien Remplon