L'édito du mois

Jacques Muron : une disposition à la méditation


Notre musée consacre cette année son exposition d’été à la gravure au travers de l’œuvre du buriniste Jacques Muron. L’occasion pour les Toulousains de découvrir cet artiste, formé à l’école des Beaux-arts de Toulouse, un temps pensionnaire de la villa Médicis, séjour dont il confie qu’il lui a révélé, « la conquête du vide comme élément essentiel de mon travail ».
Jacques Muron vit et travaille en Haute-Garonne où il a son atelier. Un lieu hors du temps où il « entre en gravure » dans une sorte d’ascèse qui l’amène à pratiquer la philosophie de la lenteur.

La discipline du burin est la plus exigeante de la gravure. Elle requiert une grande maîtrise du dessin, beaucoup de dextérité dans le maniement de l’outil, une grande concentration, de la patience…! Une disposition à la méditation peut être un plus…

Les œuvres exposées au musée du Vieux-Toulouse témoignent de toutes ces exigences. Jacques Muron les a faites siennes pour nous offrir la découverte d’œuvre intimes mystérieuses et poétique où : « le blanc, le vide »… [font]… « partie intégrante du pouvoir évocateur du noir, ».
Pour, comprendre l’univers de l’artiste et saisir la démarche de création, chaque œuvre exposée est à déguster lentement.
Une visite trop rapide priverait le visiteur d’entrer dans le monde complexe, exigeant de la gravure au burin qui confronte l’artiste à des dimensions de temps différentes.
Celle, fulgurante, de l’inspiration, du dessin, de l’envie de « fixer des moments ». Celle, longue, physique et sensible de la gravure où la main, dont l’impulsion est par nécessité plus lente à se mettre en route que la main du peintre est au service de la pensée. Car, comme le dit Jacques Muron, « graver et représenter sont deux actes intimement liés ». Le sillon du burin doit traduire la sensibilité, le jeu des gravés et des non gravés qui anime et contrôle la densité des noirs. Exercice d’autant plus redoutable que, lorsque c’est tracé, il y a peu de place pour le repentir…

Nous ne savions rien au moment où nous avons inscrit cette exposition à notre calendrier de la pandémie qui allait nous toucher. Tentés de la différer, nous l’avons maintenue cette année car elle met en lumière des conditions d’existence que nous avons découvertes à l’occasion du confinement. Nombre d’entre nous les ont mal vécues. Mais pour certains, elles ont été l’occasion de redécouvrir la valeur du silence et du temps. On retrouve là les deux piliers essentiels du travail du buriniste.
Les œuvres exposées, pudiques et puissantes, témoignent d’un univers artistique intime et délicat.

Venez nombreux pour les voir !
Aline Tomasin

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L'AUTA août-septembre 2020

SOMMAIRE

  • Jacques Muron : une disposition à la méditation - A. Tomasin
  • Jacques Muron - Entretien avec Pierre Nouilhan
  • Jours gris, veilleur de nuit - J. Muron
  • L'estampe à Toulouse - C. Beyssen
  • Maître Izaure - Y. Le Petstipon
  • Mady Mesplé, une voix s'est tue... - L. Remplon
  • Château de Lacroix-Falgarde : vers une nouvelle vie ? - F. Peyré
  • Dans notre musée - G. Bessis
  • Toulouse... Hier... Le stadium - L. Remplon
  • Le cordonnier de la rue Merly - M. Salvador Alflallo
  • In Memoriam Gaston Malpas - L. Remplon