L'édito du mois

La brique toulousaine : enduite ou apparente ?


Il aura fallu plus de cent ans pour que, porté par le surnom de Ville rose donné à Toulouse par le Syndicat d’initiative (sans référence à la brique(1)), la brique devienne un véritable marqueur identitaire.
Pourtant, la brique est un élément fondateur du patrimoine du Midi toulousain et aurait pu être considérée comme tel depuis longtemps.
A Toulouse, dès le premier siècle, le chantier de l’enceinte de la cité marque l’adhésion définitive à une architecture qui utilise la brique. Il sera à l’origine d’une activité de production de ce matériau sans équivalent dans la Gaule romaine au début de l’Empire(2). Depuis cette époque, le matériau sera produit artisanalement dans tout le midi toulousain jusqu’à l’industrialisation du XIXe siècle. Un impératif s’imposera : la qualité de la cuisson, seule garante de la tenue du matériau dans le temps. Or, le procédé de fabrication ne permet pas de garantir une cuisson parfaite à l‘échelle d’une fournée. Les briques seront donc triées avant mise en oeuvre, on retiendra les mieux cuites pour la construction car le matériau, à l’instar de la pierre est destiné à être apparent. Contrairement à l’idée reçue, la brique, compte tenu de l‘importance des rebuts de cuisson, est un matériau cher qui sera réservé aux édifices de premier plan.
A partir de la fin de la fin du XVe siècle la situation va changer. L’expansion de la cité, les mesures prises par les capitouls à l’issue de grand incendie de la ville pour abandonner la construction en bois et torchis et construire en brique, va augmenter la demande.
Comme on ne peut pas changer le mode de fabrication, on rationalisera son utilisation en réservant les briques les mieux cuites pour les éléments nobles des façades, les briques de « tout venant » étant mises en oeuvre comme briques de remplissage. Pour remédier à l’affaiblissement de la qualité, on les recouvrira d’un enduit de chaux qui les protègera des intempérie. On réclame aujourd’hui, de façon généralisée, de mettre les façades en brique apparente. Ce peut être pertinent pour celles dont le matériau peut le supporter mais aléatoire pour les autres pour les raisons techniques évoquées. Il n’y a donc pas plus de légitimité à réclamer ex abrupto une mise à nu des façades qu’à introduire une dictature de l’enduit. Qu’on se le dise, seul l’état de l’édifice commande !


Aline Tomasin

 

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L'AUTA août-septembre 2019

PROCHAINES VISITE ET CONFÉRENCE

  • Samedi 28 septembre : Visite de la rue de la Dalbade

SOMMAIRE

  • La brique toulousaine : enduite ou apparente ? - A. Tomasin
  • L’art du portrait chez Renée Aspe - S. Vinel
  • Eté - Hiver 1944. La Libération de Toulouse • G. Mailhos †.
  • Le meurtre d’Ampouillac : les éléments d’une enquête - G. Renoux
  • Jean Baptiste Charles Paya (1807-1865), éditeur et journaliste à Toulouse et Paris, éveilleur de conscience » À l’origine de la Librairie et des Éditions Privat - I. Privat
  • Une histoire de cocher de fiacre à Toulouse - J. Belou
  • Le bout du souffle… - L. Remplon
  • Toulouse… Aujourd’hui… le cinéma UGC - J.-P. Suzzoni
  • L’attentat du cinéma UGC du 1er mars 1944 - J. Fezxinos
  • Monsieur le Maire de Toulouse nous répond
  • Commentaire de couverture - J. Kerambloch
  • Notes de lectures
  • In Memoriam : Christian Maillebiau