L'édito du mois

La Grave, encore et toujours…

Il est rare qu’un site patrimonial de la ville fasse l’objet d’attentions aussi assidues de la part de notre société. Ce sont, d‘abord, des articles nombreux publiés dès 1916 dans l’Auta et la publication d’un ouvrage sur l’histoire de l’hospice de La Grave sous la plume du docteur Nuxe. Témoignage érudit enrichi par la connaissance de la vocation de ces espaces.
Cette activité éditoriale s’est accompagnée, dans le même temps, d’actions de sauvegarde qui ont abouti, notamment, au sauvetage du patrimoine hospitalier des bords de Garonne, menacé dans les années 1920 de démolition pour laisser place à la construction d’une digue anti crues. Le classement au titre des sites de l’hôtel-Dieu et de La grave est intervenu sous notre impulsion.
On se félicite aujourd’hui de compter encore dans notre patrimoine ces deux édifices magnifiques, porteurs l’un et l’autre d’une forte valeur patrimoniale.
De ces deux sites, celui de La Grave est sans doute le plus visible. La coupole de sa chapelle domine le paysage urbain et donne à la ville des airs florentins. C’est la photo iconique que tous nos visiteurs français ou étrangers emportent avec eux et pour laquelle les toulousains photographes amateurs ou professionnels traquent le meilleur éclairage!
Aujourd’hui, la vocation hospitalière de La Grave a évolué, posant naturellement la question de nouveaux usages pour les espaces devenus vacants. Il est heureux que des projets d’affectations nouvelles soient envisagés et, pour certains déjà réalisés. Mais il est essentiel de préserver l’esprit si particulier de ces lieux marqués par l’accueil et les soins aux plus démunis.
La chapelle de La Grave, avec sa coupole, est au centre de cette exigence. Balise historique dans l’espace urbain, elle règne plus encore sur l’îlot hospitalier. Son échelle signe une présence tutélaire et miséricordieuse qui accompagne et rythme la vie de l’hospice et de ses résidents.
Sa place dans le site de La Grave doit donc demeurer dominante. Toute construction prévue dans son voisinage immédiat devrait s’étalonner sur les bâtiments adjacents qu’elle commande. C’est ce qu’avait prescrit à juste titre la ville de Toulouse pour l’opération de promotion de « la cour du dôme ». Cette recommandation a-t-elle été suivie dans le projet définitif ?
L’affichage actuel du projet sur le site montre un bâtiment sagement aligné sur la hauteur limite demandée. Nos plaidoyers pour une modération de la hauteur du projet initial auraient-ils donc été suivis d’effet ?
Nous ne demandons qu’à le croire. Mais nous demandons à en être convaincu.
A suivre !


Aline Tomasin

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L'AUTA janvier 2020

PROCHAINES VISITE ET CONFÉRENCE

  • Vendredi 10 janvier : visite de l'exposition Extinction au Muséum
  • Lundi 13 janvier : conférence : Jean Henri Fabre par J.-P. Suzzoni

SOMMAIRE

  • La Grave, encore et toujours- A. Tomasin
  • Geneviève Duboul - A. Laval-Duboul
  • Echecs et réussites de l'intégration des médecins marranes dans la société toulousaine aux XVIe et XVIIe siècles - D. Foucault
  • Souvenirs d'enfance : la visite au Musée - M. Salvador Aflallo
  • la vie d'une propriété agricole au XIXe siècle - G. Mailhos 
  • Le Livre de la confrérie du Copore Christi de l'église Saint-Michel de Toulouse - G. Bessis
  • Un festival à Toulouse - L. Remplon
  • Toulouse…Aujourd'hui... La Grande Allée - J.-P. Suzzoni
  • Notes de lecture : La Majesté et la croix. Les sceaux de la maison des comtes de Toulouse de Laurent Macé - L. Rozès