Histoires d’édifices
Nous n’avons pu témoigner, dès notre Auta du mois de Janvier qui était déjà sous presse, de l’évènement attendu par tous les amoureux des beaux-arts : la réouverture au public du musée des Augustins !
Depuis le 19 décembre, la file d’attente devant le musée apporte la preuve que l’évènement déplace les foules et, disons-le avec un brin de malice, que cette nouvelle entrée ne semble rebuter personne… Pourtant, le projet (adopté par un jury ad hoc en 2017…) n’a pas fait l’unanimité. Il y a eu et il y a encore sans doute… des réactions de rejet. Elles sont respectables et légitimes car elles traduisent un attachement au patrimoine. Mais de quel patrimoine s’agit-il ?
L’ancien couvent des Augustins, a vécu, depuis la révolution bien des vicissitudes : démolitions successives d’une partie de l’église pour accueillir le premier musée, puis de l’aile sud et du grand réfectoire du couvent, amputés lors de l’ouverture de la rue Alsace-Lorraine. Pour « remplacer » les parties absorbées par la rue d’Alsace-Lorraine on a construit au XIXe un bâtiment contemporain Nous trouvons donc aux Augustins une succession de séquences de construction (moyen âge, époque classique et contemporaine) qui racontent son histoire : la rupture avec la fonction d’origine, les aménagements successifs pour accueillir le musée.
Pour l’historien, la création de la nouvelle entrée par l’agence portugaise Aires Mateus. prend place avec clarté dans la vie de l’ancien ensemble conventuel devenu musée tout en respectant l’authenticité des parties restées en place. Il est heureux que ce projet qui marquera l’intervention du XXIe siècle ait pu voir le jour.
L’apport d’une structure contemporaine dans un bâtiment historique est un exercice à haut risque. Mais inscrire un bâtiment dans un environnement chargé d’histoire l’est tout autant. C’est le pari qu’a relevé le cabinet irlandais Grafton Architect (Yvonne Farrell & Shelley McNamara) en collaboration avec Vigneu & Zilio Architectes pour la construction de la Toulouse School of Economics initiée par le prix Nobel Jean Tirole pour l’université de Toulouse Capitole
Le résultat : une citadelle de briques roses alliant de façon contemporaine béton, verre et brique, parfaitement insérée au cœur du quartier historique
Le cabinet Grafton Architects a obtenu en 2020 le prix Pritzker 2020 (l’équivalent du Nobel pour les architectes) pour l’ensemble de son œuvre et l’ensemble de l’équipe d’architectes de TSE a obtenu la même année pour ce même bâtiment l’équerre d’argent, récompense accordée par les professionnels du bâtiment.
Que retenir de ces deux cas : des exemples à suivre !
Aline Tomasin