L'édito du mois

Gabriel Durand : de l’intime à la sphère publique


Notre musée a décidé de consacrer son exposition d’été au peintre Gabriel Durand, artiste toulousain de la deuxième moitié du XIXe siècle. Ce projet est ancien et revenait de façon récurrentes dans nos discussions sur les projets d’exposition tant l’œuvre de cet artiste est bien représentée en nombre et en qualité dans les collections de notre musée. Si cette profusion imposait naturellement de consacrer une exposition à Gabriel Durand, on pouvait craindre l’ennui procuré par une présentation statique des œuvres, toutes procédant de la même technique picturale, le pastel et, dans sa quasi-totalité, d’un même genre : le portrait.
Le parti proposé par notre équipe du musée : présenter l’ œuvre de l’artiste dans le cadre de son atelier tout en replaçant son œuvre dans le contexte de la vie de Toulouse au Second Empire a emporté notre décision.
Choisir l’atelier de l’artiste comme point de départ du propos s’avère judicieux car il permet de retracer l’évolution des ateliers d’artiste tout au long du XIXe siècle. Le côté lieu de travail secret mis en scène dans l’exposition (parfois un capharnaüm...) où s’accomplit la création va dominer dans un premier temps. Ce lieu fermé que l’exposition met en évidence est pourtant appelé à s’ouvrir.
Le XIXe siècle voit, en effet, naître le concept d’atelier musée. L’artiste y reçoit un public choisi. Ce sera le cas de Gabriel Durand, qui en profitera pour revendiquer auprès de ses invités son statut d’artiste comme en témoigne le bel autoportrait exposé.
De l’atelier-musée à l’atelier-salon, il n’y a qu’un pas que Gabriel Durand franchira allègrement. Devenu le portraitiste favori de la bonne société toulousaine, comme en témoignent les nombreux pastel exposés, l’artiste la recevra naturellement dans son espace de travail, mêlant ainsi vie artistique et mondanités... Puis viendra le temps où l’espace de l’atelier sera révélé au grand public par la photographie qui se saisira, à son tour, de l’art du portrait...
Notre exposition a voulu traduire l’évolution de l’atelier de Gabriel Durand et évoquer par les œuvres exposées, la société du Second Empire à Toulouse, toutes couches sociales confondues. Ce double parcours a été rendu possible par tous les acteurs de ce projet. Nos remerciements vont à tous ceux qui ont permis sa réalisation : les concepteurs et maîtres d’œuvre, les prêteurs (Musée de Luchon, particuliers), ceux qui ont aidé à la mise en place (bénévoles, Mairie de Toulouse).
Venez nombreux vous immerger dans le Second Empire toulousain vu par Gabriel Durand !
Bonne visite

Aline Tomasin

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L'Auta a été numérisé par la BNF. Les numéro sont consultables à l'adresse :

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L'AUTA juin-juillet 2021

SOMMAIRE

  • Gabriel Durand : de l’intime à la sphère publique - A. Tomasin
  • Une exposition sur Gabriel Durand (1812-1882)
  • Hommage à Gabriel DURAND peintre toulousain (1812-1882)
  • Un pastelliste toulousain GABRIEL DURAND
  • La famille de Durand
  • Deux autoportraits pour une vie
  • Deux portraits de bébé
  • Concert champêtre
  • L’essayage
  • Souvenir de carnaval
  • Portrait de Toussaint Lézat
  • Dans l’atelier de Gabriel Durand
  • Le moulage de la Vénus de Milo
  • Cafetière à siphon à balancier, dite cafetière Gabet
  • Arsène Pélégry (1813-1881)
  • Toulouse et les débuts du portrait photographique (1839-1870) - F. Bordes
  • Concernant l'AG extraordinaire des Toulousains de Toulouse (à part)